A.F.L.A.P.A.

Association Franco-Laotienne d’Aide aux Personnes Aveugles

Archive pour la catégorie 'Guilde'


GUILDE EUROPEENNE DU RAID : MISSION DE JUILLET 2008

24 juillet, 2010
Guilde | Pas de réponses »

Camille Bailly (Amala),
Lise Berthault (Amali),
Marion Delaire (Siampay)
Christine Marçais (Siamphone),
Julien Ratel (Bounthavi),

SOMMAIRE

  • Le centre Home of Light
  • Le personnel
  • Les enfants
  • Journée type
  • Les activités
  • Malvoyance et cécité

Le centre : le Home of Light

Le Home oInternat Home of Lightf Light a été fondé en 1995 avec le soutien de l’association néerlandaise Dark and Light et de donateurs locaux. Il se situe dans l’enceinte de l’hôpital ophtalmologique de Vientiane à Thong Pong, 8km au nord-est de la capitale.

L’hôpital ophtalmologique est dirigé par le Dr Vithoune qui part régulièrement faire des tournées de soins dans le pays et accueille au centre des enfants malvoyants ou aveugles rencontrés dans les différentes provinces.

Le Home of Light est divisé en plusieurs bâtiments :

- un même bâtiment regroupe la cuisine, une salle de classe, le bureau de la directrice, la chambre des professeurs, une salle où sont entreposés des instruments de musique et du matériel pédagogique, des éviers à l’extérieur et le dortoir des filles ainsi que leur salle de bain à l’étage ; pour les cours
nous avions regroupé les petits et les moyens dans la salle de classe de ce bâtiment, qui donne directement sur la cour
- le dortoir des garçons
- le préau qui sert de réfectoire et de salle de classe additionnelle ; nous l’avons utilisé pour les cours des plus grands ainsi que pour les activités manuelles de l’après-midi et pour toutes les activités
lorsqu’il pleuvait
- un nouveau bâtiment a été construit, il est destiné à accueillir le dortoir des filles, une salle de cours de massage et une salle pour réaliser de l’artisanat local. Nous avons dormi très confortablement dans une pièce de ce nouveau bâtiment ; des sanitaires et des douches y sont déjà fonctionnels.
Les enfants jouent principalement dans la cour où les grands organisent très souvent une partie de foot en fin d’après-midi. Pour les plus petits il y a des jeux (balançoires, toboggans, pneus suspendus, balançoires à bascule) mais certains sont dans l’herbe et apparemment un peu trop proches des fourmis rouges…
Dans la cour sont installées plusieurs tables avec des bancs qui servent aussi bien pour le petit déjeuner de
certains, le déjeuner du personnel, les bavardages, les parties de dames, les cours de lao aux falangs, etc. La
balancelle de la cour est très appréciée des enfants.

Le personnel

Hôpital ophtalmologique

Dr Vithoune : il dirige l’hôpital et supervise le centre. Lorsqu’il était présent (il est notamment absent tous les vendredis jusqu’à 16h car il est en déplacement dans la province de Vientiane) il s’est montré très disponible pour répondre à nos questions et faire le lien avec Manilay. Nous sommes notamment allés le voir pour la sortie aux cascades que nous voulions faire en semaine alors que Manilay nous soutenait que le Dr Vithoune voulait que les sorties ne se déroulent que le week-end ; nous lui avons présenté clairement les choses et il ne s’est pas opposé à cette sortie en semaine.
Le Dr Vithoune parle très bien français, nous n’avons eu aucune difficulté à communiquer avec lui.

Dr Siphet : il est l’adjoint du Dr Vithoune et est bien plus présent à l’hôpital que ce dernier. Il s’est intéressé au programme que nous mettions en place pour les cours et les activités et était demandeur d’une version papier de notre planning des différentes semaines.
Il parle également français, il ne faut pas hésiter à lui poser des questions quand il passe au centre car il est assez discret et ne venait pas toujours à notre rencontre si nous ne le sollicitions pas.

Home of Light

Miss Manilay : elle est la directrice du centre et réfère de ses activités auprès des Dr Vithoune et Siphet. Elle nous a laissé organiser la journée type comme nous le souhaitions tout en nous indiquant comment avait procédé l’équipe de juillet. Lors de notre arrivée, lorsqu’elle nous a présenté le centre, elle nous a déclaré que les enfants étaient très heureux d’être en compagnie des volontaires tous les étés et que ça lui permettait de se reposer un peu. Son comportement vis-à-vis de nous était assez ambigu, nous avions certains jours du mal à avoir un bonjour en réponse et d’autres des commentaires positifs sur ce que nous mettions en place. Il faut faire preuve de diplomatie et composer avec Manilay qui de toute façon ne s’est jamais opposée à ce que nous faisions. Les moments de complicité sont juste un peu rares…
Manilay parle anglais et a des bases de français.

Me Phone, Me Hone : ce sont les deux ‘house keepers’ du centre ; elles s’occupent de la cuisine, de la propreté générale et encadrent les enfants dans leur vie quotidienne. Ce sont un peu les mamans des enfants au centre. Nous avons été agréablement surpris de leur joie aux cascades à être dans l’eau à jouer avec les enfants et avec nous. Elles nous ont toujours facilité l’accès à la cuisine et aux ustensiles dont nous avions besoin pour couper les fruits, préparer un gâteau, etc. et nous ont parfois aidé à faire comprendre les consignes de certains jeux aux enfants, se montrant intéressées de ce que nous faisions.

Mr Somvang : professeur de braille du centre. Nous ne l’avons pas vu donner de cours cet été, nous supposons qu’il en donne durant l’année scolaire. Nous lui avons demandé au début un retour sur nos cours de français et d’anglais, il passait de temps à autres observer les leçons mais sans nous faire part de son
avis. Il s’est montré beaucoup moins discret à la fin de notre séjour et nous avons pu échanger avec lui assez facilement.

Mr Somthit : il est également professeur de braille au centre mais réside sur place, dans une chambre du bâtiment principal. Il est aveugle. Somthit donnait des cours aux enfants le matin avant nos cours de français et d’anglais et prenait part aux cours de langue avec les grands (il nous a dit beaucoup apprécier!).

Nous n’étions pas attendus à notre arrivée (nous avions pourtant envoyé un mail une semaine auparavant) ce qui nous a laissé le sentiment d’un accueil assez froid. Nos relations avec l’équipe du centre ne se sont vraiment améliorées et consolidées que la 2ème semaine, après notre sortie aux cascades. Jusque là la qualité des contacts avait été inégale et ce de façon assez inattendue.
Nous avons cependant pu mettre en place nos cours et activités sans aucun problème, sans obstacle (le four ne marchait pas mais ça c’est indépendant de leur volonté!) et avons eu le matériel présent au centre à notre entière disposition. La dernière semaine Manilay nous a dit apprécier que nous ayons distribué le matériel que nous avions apporté au fur et à mesure.

Les enfants

Lors de notre séjour en août 2008 il y avait 55 enfants âgés de 4 ans ½ à 22 ans, 20 filles et 35 garçons.

Durant l’année beaucoup vont à l’école du village et certains jeunes adultes vont à l’université.

Ce sont des enfants et des adolescents très attachants, dynamiques, qui sont pour la plupart très intéressés par l’apprentissage de l’anglais et du français (certains ont une préférence marquée!). Il n’y a pas beaucoup de tous petits, néanmoins ce ne sont pas les moins débrouillards! Les enfants s’entraident beaucoup entre eux, que ce soit les grands avec les petits ou bien les malvoyants avec les aveugles. Leurs handicaps sont divers, leur niveau d’adaptation est hétérogène, de même que leur compréhension ou leur appétence
pour l’anglais et le français, c’est à nous de nous adapter et de faire en sorte que chacun puisse s’épanouir avec ce nous proposons.

Ils aimaient beaucoup être proches de nous, le contact tactile était très sollicité, ce qui nous semble tout à fait normal étant donné leur handicap et la jeunesse de certains. Après le déjeuner les plus petits se sont parfois endormis dans nos bras, nous n’aurons qu’un mot : vive la sieste, il ne faut pas hésiter à la mettre en place!

Journée type:

5h – 8h : lever des enfants, petit déjeuner, toilette
10h – 12h : 2 groupes (petits-moyens dans la classe, les grands dans le préau)
Cours de Français et d’Anglais
12h – 14h : Repas puis jeux ou sieste
14h – 17h : activités pour les petits-moyens (viens qui veut…)
Cours d’anglais pour les grands
Vers 15h30 : sortie marché
16h30 : goûter avec les fruits rapportés du marché
Les enfants se dispersent alors, les filles vont souvent au dortoir, les petits restent jouer dans la cour, les grands jouent au foot.
18h30 : Dîner
19h – 21h : Certains restent bavarder dans la cour, d’autres font de la musique…
22h : La plupart sont au lit

Les activités

Les cours Ecole Primairedu matin
Nous avons séparé les enfants en 2 groupes

- les petits et moyens (jusqu’a 12-14 ans) : 10h-11h30/12h
- les grands 10h-12h + 14h-17h

Les petits et moyens

Il faut encore départager ce groupe entre les « tout petits » et les moyens.

Cours dans la salle de classe, les enfants jouent souvent dans la cour avant le début des cours c’est pourquoi il est plus facile de les réunir… sinon, les autres arrivent les uns après les autres au début des cours. Le plus
dur reste d’ « imposer » le silence et de les calmer, comme pour tous les enfants… (stop yout, stand up lokun, sit down nang nong, school hong rhien, it’s finish set leo )

Les tout petits
Présentation simple en anglais et français (bonjour, nom, âge), comptines, quelques mots basiques (fruits, animaux,…), balades dans la cour pour appuyer le vocabulaire de façon ludique (et profiter du soleil !).

Les moyens

Les adolescents

Les cours avaient lieu sous le préau, on comptait 26 élèves dont 5 filles et 3 enseignants qui suivaient les cours avec les élèves.
Les élèves se sont au fil des cours regroupés par classe d’âge, ce qui a permis de regrouper naturellement les niveaux ensemble.
Le programme consistait en 2 heures de français le matin et 2 heures d’anglais l’après-midi. Nous poursuivions parfois par un atelier en anglais car certains élèves voulaient prolonger l’apprentissage.
Pour l’écrit, nous avons constamment fait attention à bien épeler chaque mot. Nous avons d’ailleurs dû revoir à plusieurs reprises les alphabets en français et en anglais car la compréhension orale n’était pas leur point fort.
La principale difficulté rencontrée dans les langues était liée au mode d’apprentissage dans leurs écoles respectives, difficulté similaire d’ailleurs à l’apprentissage des langues en France. L’apprentissage à l’école semble avoir été très académique et linéaire, les élèves n’avaient pas l’habitude d’utiliser leurs connaissances dans un contexte hors scolaire et de manipuler les expressions, les verbes, les formulations apprises dans différentes situations. Souvent, l’usage des langues étrangères se limitait à une répétition de phrases toutes faites.

Ainsi à la populaire question « How are you ? », ils savaient tous répéter « I’m fine, thanks ». Mais dès qu’ils
voulaient exprimer le fait qu’ils n’allaient pas, l’épreuve devenait difficile…
Nous avons donc décidé de limiter les sujets et les notions à étudier, afin d’approfondir l’utilisation des connaissances dans différents contextes. L’objectif était d’étudier la langue de façon plus systémique et globale, et de les faire parler, intervenir et répondre de façon plus spontanée dans les langues étudiées. Pour cela, nous avons beaucoup travaillé sur des exercices de mise en situation des connaissances dans des petites saynètes et dialogues entre eux, une forme de théâtralisation des notions étudiées.

Cependant, afin d’entretenir un goût pour les langues, nous avons gardé quelques activités ludiques comme l’étude et la traduction de chansons, le choix de thématiques amusantes (comme le « vocabulaire de la séduction »).

Pour évaluer les élèves, nous nous sommes axés sur 3 capacités :

- La spontanéité des réponses : éviter aux élèves de passer par une traduction littérale ou chercher des « phrases toutes faites »
- L’engagement et l’énergie : encourager l’élève à assumer ce qu’il dit, à prendre confiance dans ses capacités en langue et à s’adresser à des étrangers
- L’utilisation de la langue dans un cadre hors-scolaire : multiplier les mises en situation en dehors des cours, encourager les élèves à prolonger l’apprentissage en dehors de la classe

Les activités d’expression orale

Concernant l’expression, face à l’introversion ou la peur de mal prononcer de la plupart des élèves, nous avons mis en place des activités de communication orale et des exercices d’improvisation pour leur donner plus d’assurance à l’oral. Les exercices avaient pour but d’apprendre à projeter la voix et d’exercer la diction, la prononciation et maîtriser les intonations en anglais et français.

Les activités d’après-midi

La plupart des enfants vous rejoignent dans la cour ou sous le préau, prévoir 3-4 activités différentes, sachant que vers 15H30 il faut emmener 7-8 enfants au marché à 2 personnes…

- sous le préau : atelier dessin (planche spéciale relief + papier et feutres couleurs pour les voyant), pâte à modeler, memory tactile, poupées de laine, pompons
- dans la cour : tomate, fil d’Ariane (avec obstacles, balançoires, toboggans…), atelier musique (percussions, ou taper en rythme main meu:n-tête houa – jambe ka), foot,
- atelier cuisine : attention le four ne fonctionne pas toujours… penser à chercher des recettes de gâteau sans cuisson (chocolat, petit beurre, 1 nuit de repos au frigo…)
- le marché talaat : rassembler 7-8 enfants dont 2 malvoyants au moins pour qu’ils puissent vous aider à guider les autres. Ils adorent les bananes et les longanes. Compter 1h l’aller-retour et 30 min pour la distribution et parfois 15 min pour éplucher et découper les ananas à la hache…

Les activités d’éveil musical et les cours de solfège

Les enfants sont très sensibles à la musique, ils ne connaissent souvent que la musique traditionnelle laotienne, les tubes thaïlandais et des ballades en anglais.

Quelques trop rares fois, nous leur faisions écouter d’autres types de musique et analysions la structure : musique classique, opéra, jazz, blues…

Nous avons appris à certains élèves-musiciens des phrases mélodiques et des rythmes pour éveiller leur curiosité. La plupart des élèves savaient jouer de la musique, mais avait appris en autodidacte.

Nous avons orienté un élève vers l’apprentissage des théories musicales.L’expérience a été convaincante car il s’est montré réceptif et travailleur bien que ce cours n’ait été qu’une option. Il a de plus montré une volonté de s’orienter vers des métiers de la musique et a compris que l’apprentissage théorique était nécessaire pour ce type d’orientation.

La kermesse (dernier jour)

Nous avons départagé tous les enfants et adolescents en 4 équipes en essayant d’équilibrer la répartition (garçons/filles, malvoyants/aveugles, petits/grands…)

- atelier toucher : plusieurs matières différentes à faire deviner en frç-ang-lao
- atelier goût : faire découvrir des saveurs européennes (pain, vache kiri, confiture, nutella,

La sortie cascade (à Tad Moun)

- Départ 9h30 et retour 15h, -1h de bus ( ! certains ont le mal des transports)
- La sortie aux cascades est une véritable fête, les enfants sont surexcités, ils partent en chantant avec guitares et tambourins. Ils connaissent l’endroit et la plupart voudront partir « explorer », n’oubliez pas que c’est vous qui devrez les encadrer !
- Les Laotiens nagent tout habillés, faites de même… en plus ça vous protège des égratignures…
-    Prévoir une trousse de secours pour les bobos… et l’appareil photo !

Restaurant

Nous sommes allés au restaurant avec toute l’équipe d’encadrant : les cuisinières, les professeurs, Manilay. Nous étions nombreux et n’avons pas pu profiter de cette occasion pour discuter de notre mission, de leurs attentes ou de nos interrogations, ce qui était notre objectif. Cette idée nous a même un peu desservis puisqu’un froid s’est installé dans les jours suivants, dont nous n’avons pas compris la cause.

Marché

Il est très intéressant pour les grands comme les petits d’aller chaque jour au marché pour acheter des fruits.
Premièrement, ils mangent des fruits et ils adorent ça.
Deuxièmement, beaucoup d’enfants ne sortent jamais et c’est l’occasion de bouger en dehors du centre et d’utiliser leurs cannes pour les plus grands.
Nous étions deux pour six enfants en moyenne, nous tenions un enfant dans chaque main et souvent un petit tenait un grand par la main pour le guider. Les petits voient un peu et peuvent se diriger.
La plupart se révélèrent particulièrement sages lors de ses sorties. Le marché se trouve à une quinzaine de minutes à pied et il faut être très vigilant, du fait, il n’y a pas de trottoirs.

Cadeaux

Avant notre départ, nous avons reçu chacun un cadeau mais il ne s’agit pas d’une cérémonie mais d’une remise en mains propres très rapide alors que nous étions en train d’animer la kermesse.
Nous avons souhaité remettre un petit cadeau à Manilay, aux cuisinières et à Monsieur Somvang (savons, gâteaux français, confitures, moutardes).

Malvoyance et cécité

Malvoyant

Personne qui a une mauvaise vision, suffisamment marquée pour que cela la gêne dans sa vie relationnelle ou professionnelle. Sa vision est plus ou moins déficitaire mais présente, même faiblement. En pratique, cette personne a du mal à reconnaître des visages et à lire.

Aveugle

Personne qui ne reçoit aucune information lumineuse.

La malvoyance touche 135 millions de personnes dans le monde dont 2 millions en France (les 2/3 ont plus de 65 ans). Ce chiffre est en augmentation en raison de l’allongement de l’espérance de vie. C’est un problème de santé publique dans tous les pays.

Qu’est-ce que la malvoyance ?

L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) considère comme malvoyante toute personne donc l’acuité visuelle (AV) binoculaire corrigée est comprise entre 1/20ème et 3/10ème ; ce sont les catégories I et II de la déficience visuelle. Les 3 autres catégories concernent la cécité.

I. Malvoyance légère : AV entre 3/10ème et 1/10ème
II. Malvoyance profonde : AV entre 1/10ème et 1/20ème
III. Cécité partielle : AV entre 1/20ème et 1/50ème
IV. Cécité presque totale : AV entre 1/50ème et la perception lumineuse
V. Cécité totale : pas de perception lumineuse, noir absolu

Il est important de considérer la personne malvoyante en fonction de la vision qui lui reste, vision fonctionnelle, et non de la vision qui lui manque.

La vision fonctionnelle est la vision utilisable en pratique et est différente selon l’individu et son histoire personnelle.

Qu’est-ce que le handicap visuel ?

Selon l’OMS on distingue 4 notions dans le handicap :

- La maladie, due à différentes causes, est quelque chose d’anormal qui se produit au niveau de l’individu :
o À la naissance (pathologie congénitale)
o Plus tard (dégénérescence, traumatisme, tumeur, intoxication, etc.)
La maladie peut toucher l’oeil, les voies optiques (entre l’oeil et le cerveau) ou le cerveau.
La maladie peut être isolée ou associée à d’autres pathologies ; elle peut être stable ou évolutive (progressive ou régressive).

- La déficience est une extériorisation de la maladie. C’est elle que l’on recherche à l’aide d’examens (chute de l’acuité visuelle, altération du champ visuel, des couleurs, etc.).
- Altération des compétences ou incapacité : conséquence fonctionnelle de la déficience dans les activités journalières, elle s’exprime par la possibilité ou non de faire certaines tâches.
- Désavantage social : le handicap a des répercussions sur le contexte social (isolement social, perte d’autonomie, dépendance, état dépressif, etc.).

GUILDE EUROPEENNE DU RAID : MISSION DE JUILLET 2007.

1 juillet, 2010
Guilde | Pas de réponses »

Pour une étincelle dans leur vie….

Enfants aveugles au Laos

Lacroix Adèle,
Goy Lucile,
Milley Sarah,
Vignon Céciline.

Notre projet consistait à partir au mois de juillet 2007, afin de prendre en charge l’animation du « Home of Light ». A cette période, les enfants sont en vacances, et restent donc à l’internat avec peu d’occupations. Très peu de personnel est présent pour s’occuper des enfants et adolescents.

Nous avions pour objectif de leur proposer de multiples activités, mais au-delà d’une simple occupation, nous souhaitions poursuivre le travail d’Aurore Berthout, afin de développer leur psychomotricité et leur perception de l’espace. En effet, au Laos, comme dans beaucoup de pays du tiers-monde, les handicaps sont très mal pris en charge, par manque de moyens, de formation… Ce manque d’encadrement et de structures pose un gros problème notamment aux enfants aveugles, qui ont besoin dès les premières années d’une aide indispensable à leur développement psychomoteur. Il en résulte donc de graves lacunes: ils ont souvent une mauvaise orientation dans l’espace, une mauvaise perception des formes géométriques, et une psychomotricité insuffisamment développée. Ces lacunes sont d’autant plus difficiles à combler qu’ils ne disposent que de très peu de matériel spécifique pour les non-voyants (livres en braille…).

Au cours de l’année, nous avons bénéficié d’une formation auprès d’une association française d’aide aux personnes aveugles afin d’avoir une première approche de la prise en charge des enfants malvoyants (Merci encore au passage à AVH Reims et l’institut Michel Flandres qui nous ont accueilli très chaleureusement).

Nous avons acheté et reçu en dons matériels des cannes blanches pour les enfants de l’internat, et sur place, nous avions au départ pour objectif d’acheter des produits d’hygiène quotidienne (savons, shampoings, dentifrices…) ainsi que des vêtements, des cartables, du matériel pédagogique (pâte à modeler, ballons, livres, instruments de musique…. En fait ces achats seront modifiés par concertation avec Manilay, la directrice qui semblait avoir une idée précise de ce dont l’internat avait besoin, et de ce dont ils disposaient déjà.
Notre action devait donc surtout être pédagogique auprès des enfants, par la réalisation d’activités essentiellement manuelles, ou favorisant le développement de leur gestuelle et orientation dans l’espace.

Nous souhaitions également à travers des jeux leur faire partager notre culture en même temps que découvrir la leur, par l’intermédiaire d’activités musique ou cuisine par exemple.

Ce projet s’avère également pédagogique auprès du public que nous avons côtoyé en France afin de récolter l’argent nécessaire: lors de vente de gâteaux en ville, de sucettes dans les amphithéâtres de la faculté, par nos actions de démarchage auprès des médecins, laboratoires, entreprises, mairies…
A l’automne 2007 une exposition aura lieu dans un amphithéâtre de la faculté, pour que nous puissions raconter notre mission plus en détail, de vive voix, et répondre aux questions de toutes les personnes intéressées. Nous avions, certes, essayé au mieux de sensibiliser nos donateurs au problème de la cécité, mais nous en savons bien plus après cette expérience.

Tout comme d’autres étudiants nous ont encouragées à réaliser ce projet, nous espérons grâce à ces différentes actions avoir donné à notre action une plus grande ampleur.

-Déroulement d’une journée:

A 10 heures, nous commencions les cours de français. Les enfants étaient séparés en 2 groupes d’âge:

- les petits constituaient un groupe très hétérogène: certains apprenaient très vite alors que d’autres n’étaient pas très intéressés. Quelques-uns allaient et venaient et n’étaient pas toujours présents. Nous nous sommes servies de chansons pour leur faire apprendre de façon ludique certains mots de vocabulaire. Nous avons eu parfois quelques difficultés à leur faire comprendre ce que nous voulions leur faire apprendre, étant donné qu’ils ne parlaient que Lao, et que nous prononcions mal les quelques mots que nous savions.

- les grands: ils écrivaient tout le cours en Braille sur des tablettes, excepté l’un d’entre eux qui voit suffisamment pour pouvoir écrire sur un cahier. Ils comprenaient et parlaient bien Anglais, nous avons donc pu faire le cours principalement dans cette langue.

Puis arrivait l’heure du repas que les enfants prenaient sous le préau (riz gluant principalement). Ils débarrassaient et nettoyaient eux-mêmes leur assiette quand ils avaient fini. Les enfants faisaient généralement une petite sieste après le repas jusqu’à 14h00, heure à laquelle nous commencions les activités.

-Activité cuisine:

Elle avait lieu une fois par semaine. Nous avons réalisé des sablés, un crumble à la banane, un gâteau breton et un far breton aux pommes. Nous nous installions sur deux tables différentes avec les enfants intéressés et chacun réalisait une étape de la recette. Nous accompagnions leurs gestes pour leur faire comprendre ce qu’ils devaient faire. Cette activité leur plaisait beaucoup. Nous avons du adapter les recettes aux ingrédients disponibles (farine de riz, huile de palme) ce qui a parfois posé quelques difficultés, mais le résultat était apprécié par tous.

-Activité bricolage:

- Bonhommes à habiller : nous avions préparé les patrons en carton de petits garçons et de petites filles. Les enfants devaient les habiller de petits carrés de tissu de textures différentes. Seuls les plus grands et ceux qui avaient une meilleure vue arrivaient à distinguer les différents tissus, mais les enfants malvoyants se fiaient finalement beaucoup plus aux couleurs qu’aux textures. Nous aurions du choisir des matières plus différentes. Malgré tout, la plupart des enfants a réussi à habiller son bonhomme.

- Fabrication de pompons en laine : cette activité a beaucoup plu aux enfants. Elle a duré jusqu’au repas du soir alors que nous comptions arrêter en milieu d’après-midi. Les enfants enchaînaient pompon sur pompon jusqu’à en avoir une collection autour du cou.  Certains les ont même accroché à leur tambour, et d’autres sont venus en cours le lendemain avec un pompon en collier.

- Bonhomme en laine : de même que pour les pompons, les enfants en ont fabriqué plusieurs.  Sengphet et Khamphoy  ont du en faire 6 ou 8 chacun. Sengphet s’est beaucoup pris au jeu: après avoir formé avec les brins de laine, les bras et les jambes, comme il n’arrivait ni à serrer les noeuds, ni à couper, il nous montrait les endroits où le faire en disant « mat » (noeud) ou « that » (couper). Nous les voyions ensuite se promener avec leurs bonhommes en bandoulière.

- Activité colliers de pâtes : les enfants ont réussi très facilement à passer le fil de laine (dont le bout était durci par du scotch) dans les pâtes. Dès qu’ils avaient fini un collier, ils n’arrêtaient pas de dire « one more, one more ».

- Activité pâte à modeler : Cette activité a été réalisée plusieurs fois. Les enfants sont même allés chercher spontanément la pâte à modeler. Certains se contentaient de faire des boudins comme Seng, d’autres faisaient des formes évoluées: bonhommes, téléphones, micros… ou nous demandaient de faire des animaux (lapins, éléphants, crocodiles…).

- Activité flûte : Nous avons distribué à chaque enfant une flûte à bec, puis nous sommes passées les voir un par un pour placer leurs doigts correctement; pour les plus motivés nous avons essayé de leur apprendre la gamme ou « frère Jacques » (mélodie qu’ils connaissaient déjà). Comme nous n’étions pas assez nombreuses par rapport au nombre d’enfants présents, cette activité est rapidement devenue une cacophonie. Malgré tout, les enfants s’en sont donnés à coeur joie à souffler le plus fort possible dans leur flûte. Nous avons ensuite essayé de leur apprendre à chanter « Alouette » en utilisant les différentes parties du corps vues en cours. Mais seuls quelques uns comme Souksavang, Akha, Khamla, Selium étaient motivés.

- Jeux: Après les activités, nous occupions le reste de l’après-midi à organiser des jeux.
Au début, In et Pit, les filles de Mr Somvang et de Mae Phone nous ont beaucoup aidé pour faire comprendre les jeux aux enfants. Nous leur mimions les jeux puis elles les leur expliquaient en Lao.

- Chaises musicales: c’est le jeu le plus apprécié par les enfants. Ils les réclamaient tous les après-midi.

- Bombe musicale : les enfants sont assis en rond, chacun doit passer le ballon à son voisin sur un fond musical. Quand la musique s’arrête, l’enfant en possession du ballon est éliminé.

- Tomate : ce jeu plaisait plus aux grands qu’aux petits. Certains d’entre eux, comme khamla, cherchaient à éliminer les « falang » (françaises) en premier, et nous riions beaucoup.

- Dans ma maison sous terre : les enfants, assis en cercle, chantent en tapant dans les mains de leur voisin, l’un après l’autre. A la fin de la chanson, il faut retirer sa main avant de se la faire taper. Sinon, l’enfant a perdu. Ce jeu a tellement plu aux enfants qu’ils demandaient à le faire à chaque occasion.

- Relais : les enfants sont divisés en deux équipes. L’une de nous est à quelques mètres et tape dans ses mains pour diriger les enfants et signaler l’endroit où ils doivent faire demi-tour. Les enfants étaient motivés pour gagner et tous participaient activement à ce jeu.

Nous avons essayé de tenir le plus possible compte de ce que nous avions enseigné la psychomotricienne et l’ergothérapeute de l’institut Michel Flandres, mais il a été difficile de réaliser tous les jeux qu’elles nous avaient cités, étant donné le grand nombre d’enfants et notre incapacité à parler lao.

Juste avant le dîner, nous sommes allées plusieurs fois à pied avec une dizaine d’enfants au marché de Thong-Pong. Nous y achetions du lait et des fruits pour les enfants et nous en profitions pour faire une petite promenade avec eux dans le marché. Il y avait toujours beaucoup de volontaires pour ces sorties.

Les enfants dînaient aux environs de 18 heures. Après le repas, Mae Phone s’asseyait devant la cuisine et soignait les bobos de la journée. Puis les grands jouaient au football, tandis que d’autres enfants se baladaient bras dessus – bras dessous dans la cour. Les plus petits discutaient sur les balançoires, jouait avec nous à « Dans ma maison sous terre » ou a se (et nous!) poursuivre et se (et nous) chatouiller!

Nous avons remarqué deux amoureux toujours très discrets qui se retrouvaient le soir pour discuter.

Certains soirs, des tapis étaient installés dans la cour. Les enfants s’y asseyaient pour écouter des histoires grâce à l’appareil offert par des bénévoles de la Bibliothèque Nationale (ils venaient tous les mercredis matin raconter des histoires aux enfants et chanter avec eux).

Nous avons également passé plusieurs soirées, après le coucher des plus petits, à jouer aux cartes avec certains grands. Le jeu de carte était en Braille et nous avons appris le nom des couleurs en Lao afin de signaler les cartes que nous posions.

-Visites de Patuxay, du Vat Tat Luang,
du Bouddha park
et du National Ethnic park:

La journée a débuté avec la visite du Patuxay, sorte d’Arc de triomphe situé sur une des grandes avenues de Vientiane et offert par la Chine en signe de fraternité. Nous sommes montées avec les enfants jusqu’au dernier étage. Puis nous nous sommes rendues au Vat That Luang, un des temples les plus importants de Vientiane et entièrement recouvert de feuilles d’or. Les enfants ont exploré le détail de l’architecture avec leurs mains et sont allés prier avec Manilay et Mae Phone. Nous avons ensuite mangé au Buddha park, situé à une vingtaine de kilomètres de Vientiane. Dans ce parc, les enfants ont pu palper de nombreuses statues de Bouddha et d’animaux en ciment. Ils étaient très heureux de pouvoir reconnaître les formes et demandaient sans cesse « Animen yang? » (qu’est ce que c’est?)
Enfin, au parc ethnique, les enfants ont pu palper à nouveau des statues de dinosaures. Ils ont écouté des autruches et visité des maisons traditionnelles de différentes ethnies laotiennes. Au retour, nous nous sommes arrêtés dans un grand centre commercial pour acheter des sandales aux enfants.

-Les visites des donateurs:

Souvent le week-end ou parfois durant la semaine, des donateurs visitent l’internat. Ils apportent des friandises ou un repas traditionnel. Certains offrent également des vêtements.
Pour les remercier, les enfants font un concert; Khoud s’installe au synthétiseur, Somsak, Pouthone et Sengphet aux percussions. Les autres enfants se relaient pour chanter en solo ou en duo tandis que Bounmak s’occupe de l’animation. Manilay va souvent chercher les plus petits pour qu’ils viennent danser à coté du chanteur.
Ils nous ont également souvent demandé de participer en chantant en Français ou de danser à la façon traditionnelle Lao.
Par ailleurs, nous avons discuté avec Manilay du fait que les enfants reçoivent parfois beaucoup de friandises d’un coup, alors qu’ils manquent de lait et de fruits.

-Santé des enfants:

Pour la première fois, un dentiste australien est venu bénévolement soigner les dents des enfants. Un samedi soir, il a examiné la dentition de tout le monde. Puis, le lendemain, les enfants qui en avaient besoin sont allés à la clinique dentaire. Certains enfants, notamment les plus petits, ont les dents très abîmées. Cela serait du selon Manilay à un excès de sucreries offertes par les donateurs, mais d’autres facteurs comme le manque de calcium pourraient également jouer un rôle.

Un mardi matin, nous nous sommes rendues avec une vingtaine d’enfants au centre national de dermatologie de Vientiane. Là-bas, les enfants sont passés l’un après l’autre  en consultation. Puis Mr Somvang est allé chercher les médicaments à la pharmacie du centre. Nous avons pu payer les visites et traitements de chaque enfant.

Manilay nous a confirmé que les enfants avaient des poux.

-Le matériel:

Grâce aux dons récoltés pendant l’année, nous avons pu apporter à l’internat du matériel transporté dans nos bagages:
-46 cannes blanches,
-une cinquantaine de sacs fabriqués par une équipe de scouts,
-20 flûtes à bec,
-10 équerres, 10 règles, 10 rapporteurs dont les graduations sont en relief, une trentaine de poinçons,
-4 ballons sonores,
-de la pâte à modeler,
-des pastilles de couleur et de la pâte pour écrire en relief,
-un CD de musiques du monde.

De plus, Dominique et Aurore Berthout nous ont confié des tablettes pour écrire en Braille, du matériel pour dessiner et des poinçons. Nous les avons remis à Manilay en même temps que le matériel décrit précédemment. Ils seront stockés et distribués aux enfants quand ils en auront besoin, notamment juste avant la rentrée scolaire, cela pour éviter les pertes qui auraient lieu si tout était distribué en même temps.

Sur place, nous avons acheté le matériel nécessaire aux activités: tissu, laine, carton, colle, pâtes, ingrédients de cuisine.

Nous allions également durant les deux dernières semaines tous les 2 jours au marché de Thong-Pong pour y acheter du lait et des fruits pour les enfants. En effet, ces aliments sont chers au Laos et les enfants en consomment peu.

Nous avons ensuite demandé à Manilay ce dont l’internat avait besoin. Nous n’avons finalement pas acheté les vêtements, produits d’hygiène prévus dans le projet, étant donné qu’ils en avaient suffisamment. Nous avons alors fait l’acquisition de:

-un lavabo,
-plusieurs armoires, tables, chaises et pupitres,
-une tondeuse, un sécateur, une perceuse,
-un congélateur pour conserver la viande,
-de la vaisselle (marmite, paniers pour cuire le riz..),
-un appareil photo,
-du matériel pour jouer de la musique lors des visites des donateurs: un amplificateur et un micro,
-plusieurs balais,
-clés USB,
-des chaussures,
-des tapis.

Nous avons pu payer les frais de consultation et de traitement lorsque certains enfants sont allés au centre de dermatologie de Vientiane.

Nous avons pu financer trois sorties, ce qui incluait: la location du car pour la journée, le repas de midi, les tickets d’entrée des parcs.

Nous avons remis aux étudiants en médecine de Vientiane parrainée par Jacques Dorr, de l’association « Enfants d’Asie », le matériel médical (stéthoscopes, tensiomètres, thermomètres) offerts par la société Spengler.

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